Entreprise

Toutes les entreprises doivent avoir un nom français : une histoire Québécoise

Voilà une bien curieuse loi qu’on pourrait, vulgairement, taxer de nationalisme. En effet, le Québec, qui proscrit les anglicismes, veut désormais obliger les entreprises présentes sur leur territoire à « franciser » leur nom d’enseigne. Une loi qui, comme les textes le soulignent, fut rendue possible par l’amour incontesté du français par les Québécois…

Oh Douce France !

« Langue distinctive d’un peuple majoritairement francophone, la langue française permet au peuple québécois d’exprimer son identité. L’Assemblée nationale reconnaît la volonté des Québécois d’assurer la qualité et le rayonnement de la langue française. Elle est donc résolue à faire du français la langue de l’État et de la Loi aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires. » Ainsi débute la Charte de langue française du Québec.  Face à la réticence de bon nombre d’entreprises internationales et anglophones, refusant de se plier à cette Charte,  le gouvernement a récemment voulu se montrer plus laxiste, en souhaitant obliger les enseignes à seulement traduire leur façade de magasin.

Ainsi, pour ne citer que les plus connus, KFC est devenu « Poulet Frits du Kentucky  »  et Starbucks « café  Starbucks».  Maintes entreprises multinationales ont refusé et refusent encore de franciser leur marque : Wall-Mart, Cosco ou même Guess. L’année dernière encore, la Cour d’Appel avait tranché en faveur de ces entreprises, arguant que le «  Québec ne pouvait exiger des détaillants l’ajout d’un descriptif en français à leur marque de commerce, selon les articles de la Charte de la langue française ». Ce qui encouragea le gouvernement à changer la Charte…

La culture francophone, une priorité québécoise

Mais tout ceci est une question de « respect », comme le précise la Ministre de la Culture, Hélène David, son objectif étant de « maintenir le visage français au Québec ». Cette nouvelle loi obligerait donc toutes les enseignes à traduire, en français, leur nom affiché en magasin sous trois ans. Sinon quoi, les entreprises contestataires risqueraient jusqu’à 20 000$ d’amendes. Cette mesure concernerait environ 1800 entreprises sur le territoire.

Cette mesure, qui induirait des coûts élevés pour les entreprises, risque aussi de leur faire perdre tout charme et toute cohérence d’un point de vue de leur nom. Imaginez donc traduire l’enseigne Guess en français, ou même Pull & Bear… Un internaute, Adam Polka, a donc décidé de critiquer cette loi à travers des montages Photoshop soulignant le ridicule de ce règlement.

  • Burger King devient « Roi des Hambourgeois »

Roi des Hambourgeois

 

  • Body Shop de Sephora devient « La Boutique du Corps »

La Boutique du Corps

 

  • Le magasin de vêtements Gap devient « Ecart »

Ecart

 

  • Guess devient « Deviner »

Deviner

 

  • Toys’r’us devient « Jouets SONT Nous »

Jouets SONT Nous

Cyril Garrech
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Cyril Garrech

Fondateur et rédacteur en chef d'E&Co!
Étudiant à l'École de Management de l'Institut Mines-Télécom.
Consultant en communication freelance.
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