Entreprise

Ode à la sieste en entreprise !

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On en a tous rêvé et pour certains, c’est déjà une douce réalité : la sieste au travail. La culture d’entreprise française est bien l’une des seules à sous-estimer voire à se railler de cette pratique pourtant fort bénéfique pour les salariés mais aussi pour les employeurs. Plus productifs, plus créatifs, plus concentrés et même plus heureux, la sieste nous rend meilleurs. A consommer toutefois avec modération.

La magie de la sieste

Réveil difficile, soirée trop arrosée ou nuit agitée, un Français sur trois se dit manquer de sommeil et tente, coûte que coûte, de combler ce manque par quelque sieste réparatrice. Qu’elle soit copieuse ou éclaire, la sieste ruisselle de bienfaits au quotidien : elle lutte contre le stress, la déconcentration et la mauvaise humeur et augmente jusqu’à 35 % notre productivité et notre créativité selon une étude de la Nasa. Les bienfaits vont plus loin puisque la sieste favoriserait aussi la mémoire et notre capacité à apprendre. Bref, les Français n’ont pas à s’en cacher.

Pourtant, selon une étude de l’Inpes, seuls 30 % des 25-45 ans avouent faire une sieste au moins une fois par semaine. Une habitude qui, aussi surprenant que cela puisse être, n’est pas toujours bien accueillie en entreprise. Comme l’affirme Christophe Chanhsavang, créateur du ZZZen, bar à sieste installé à Paris, « [la sieste] est un aveu de faiblesse ». Une « faiblesse » pourtant naturelle puisque comme l’explique le médecin somnologue Eric Mullens, « la somnolence après le déjeuner [par exemple] est naturelle. C’est un besoin biologique contre lequel on ne devrait pas lutter.»

Des entreprises françaises qui piquent du nez mais qui ne veulent pas s’endormir

Aux États-Unis, et pour ne citer que l’exemple le plus célèbre, Google met à la disposition de ses employés des salles de relaxation, censées détendre et raviver la créativité de ses protégés bien souvent malmenée par le stress, les heures à rallonge et la fatigue. La pratique de la sieste y est désormais incluse dans les normes et les valeurs de l’entreprise, de quoi décomplexer plus d’un employé à s’assoupir la conscience tranquille.

En France et ce malgré l’initiative de maintes entreprises – petites, moyennes ou grandes – « la sieste est discréditée et considérée comme une perte de temps », affirme le médecin somnologue Eric Mullens. Près d’un salarié sur cinq avoue donc « piquer du nez » au travail selon l’Institut national du sommeil et de la vigilance. Malgré les pauses autorisées, il est bien souvent impossible aux salariés – mais aussi aux employeurs – de se réconforter dans un lieu approprié. Toilettes, bureau, voitures, rebord de la machine à café, tous les endroits sont bons pour s’assoupir le temps d’un instant. Pourtant, comme le précisait Jacques Chirac, qui voyait en ses siestes la clé de sa forme et qui écrivit la préface d’Eloge de la sieste de Bruno Comby, « notre humour populaire aime à railler la sieste et ceux qui la pratiquent ». Avant d’ajouter que « sommeil et paresse » sont bien souvent maladroitement confondus.

Zen room chez Criteo à Paris IXème arrondissement | source : cadreemploi.fr

Néanmoins, dans le cadre d’une politique du bien-être du salarié en pleine expansion ses dernières années, la sieste – et la relaxation au sens large du terme – sont des rêves devenus réalités dans certaines grandes entreprises et start-up françaises ! Renault, Solucom, Adidas, Colliers International, Orange et plus encore, la sieste est désormais décomplexée, sans pour autant être devenue une norme.

Calm Space chez Renault à Pessis-Robinson (Sud-Ouest de Paris) | source : cadreemploi.fr

Si la sieste n’est bien sûr pas un besoin pour tout le monde, elle pourrait aisément suppléer la pause café de 16h. Quinze minutes suffisent comme le précise Eric Mullens, davantage revitalisantes qu’un expresso. Gare à ne pas s’endormir en chemin!

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Cyril Garrech

Fondateur et rédacteur en chef d'E&Co!
Étudiant à l'École de Management de l'Institut Mines-Télécom.
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