Drôle d'histoire !

Les politiques et Facebook : à la recherche de la gloire virtuelle

Tous ceux qui ont créé une page Facebook le savent : accumuler les « like » est une bataille perpétuelle et éreintante ! Les entreprises, les écoles, les stars en devenir et même les politiques le savent tout autant. Si le bouche à oreille ne fonctionne pas, que vous avez fait appel à tous vos amis, alors il ne vous reste que deux solutions. La première est de payer Facebook afin de promouvoir votre page. Avec un budget minimum de 1€ par jour, plus vous investissez d’argent, plus vous avez de chances de toucher un plus large public. Rien de bien compliqué finalement, cela suppose seulement d’avoir de l’argent.

La deuxième solution, elle, est on ne peut plus déloyale. Elle consiste à acheter directement des like  !

Le commerce des « Like »

C’est ce qu’on appelle des « fermes à clics ». Le principe est simple : des personnes payées 1$ tous les 1000 « J’aime », sont employées pour créer de faux profils et aimer les pages de ceux qui qui les paient. Cette pratique, vous vous en doutez, est illégale. En effet, ces fermes à clics se cacheraient dans des pays en voie de développement tels que l’Inde, les Philippines ou même le Brésil. Ces pays représenteraient la part la plus importante de faux profiles sur Facebook. Quand on sait que 11,2% des utilisateurs de Facebook dans le monde seraient des faux profiles, on est à même de mesurer l’importance commerciale des fermes à clics. Un chiffre gigantesque !

Tout récemment, le premier ministre du Cambodge, Hun Sen, s’est vanté d’avoir plus de 3 millions de fans sur Facebook. Mais selon un journal cambodgien, le Phnom Penh Post, seuls 20% des fans du ministre seraient cambodgiens ! Le reste des profiles étant, curieusement, soit indiens, soit philippins, brésiliens ou même Indonésiens. Pour vous donner une idée, imaginez donc que sur 1 million de fans de François Hollande, 800 000 soient allemands, anglais ou brésiliens!

D’où le fait que Hun Sen soit accusé d’avoir fait appel à des fermes à clics pour gonfler le nombre de ses fans. Le journal cambodgien Phnom Penh Post l’affirme tout autant : «La seule explication c’est qu’il s’agit de faux profils. Comment imaginer autrement que des gens habitant d’autres pays commencent tout à coup à aimer une page. »

Depuis plusieurs mois déjà, le premier ministre cambodgien et son rival, le chef de l’opposition Sam Rainsy, se sont engagés dans une course à la popularité sur les réseaux sociaux ! Ce qui explique cette pratique douteuse de la ferme à clic.

Les politiques françaises, elles aussi à la recherche de la gloire virtuelle

En France, les personnalités politiques restent tout de même au-dessus de ça. Bien que l’on se demande parfois qui peut bien « liker » les pages Facebook de la famille Lepen, les réseaux sociaux sont un moyen comme un autre de se croire victorieux et influent. Citons, par exemple, Marine Lepen qui se vante d’avoir plus de 954 000 fans sur Facebook. Ou même Nicolas Sarkozy, qui occupe la première place avec 957 000 fans. Néanmoins, dans le top 5 des politiques « connectées » sur Facebook, un constat plutôt amusant est à dresser, en définitive.

Les politiques les moins bien perçues dans les sondages de l’opinion publique, sont celles les mieux classées sur Facebook ! Jugez plutôt :

  • Nicolas Sarkozy : 957 388 fans et 63% d’opinions négatives selon Opinion Way
  • Marine Lepen : 954 606 fans et 65% d’opinions négatives selon Opinion Way
  • François Hollande : 836 771 fans et 68 % d’opinions négatives selon Opinion Way
  • Marion Maréchal-Lepen : 443 891 fans et 61 % d’opinions négatives selon l’Ifop
  • Jean-Luc Mélenchon : 382 090 fans et 58 % d’opinions négatives selon Opinion Way

Bien entendu, les sondages sont, en général, peu positifs pour une personnalité politique. Et surtout, les chiffres diffèrent selon le centre d’étude. Néanmoins, remarquons que dans le Top 5 ci-dessus on y trouve : un ex-président de la République dans de sales draps judiciaires, deux femmes blondes aux idées politiques archaïques et insensées, un autre homme aux idées archaïques et un Président extraordinairement normal. On comprend mieux pourquoi les victoires virtuelles sont préférables à la réalité.

Cyril Garrech
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Cyril Garrech

Fondateur et rédacteur en chef d'E&Co!
Étudiant au CELSA-Sorbonne.
Diplômé de l'École de Management de l'Institut Mines-Télécom.
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