Entreprise

Le syndrome de l’imposteur : la maladie de ceux qui réussissent

Vous avez effectué un travail remarquable et pourtant, vous attribuez tous les mérites à votre collègue ou votre entreprise. Vous avez une carrière flamboyante et pourtant, vous dites que cela n’est que le fruit du hasard. Vous êtes modeste, à un point presque détestable. Bien pire, vous avez l’impression d’avoir « profité du système » et de n’être qu’un chanceux dans tout ce que vous faites. Pas de doute : vous êtes atteint du syndrome de l’imposteur !

Le syndrome de l’imposteur : qu’est-ce c’est ?

Ce syndrome toucherait près de 70% des gens au cours de leur vie. Bien plus que de la modestie, le syndrome de l’imposteur est – ce que je pourrais appeler – la « maladie de la confiance ». Selon le psychologue Bruno Lefebvre, ce syndrome « touche des personnes qui réussissent de manière évidente, mais ne s’en attribuent pas le mérite ». On a tous connu ces fameux élèves qui obtenaient des 20 sur 20 et qui disaient, pour se défendre, que les sujets de contrôles étaient faciles. De même, nous connaissons tous ce personnage, dans les films par exemple, obtenant une promotion et disant qu’il ne la mérite pas. Rien de plus insupportable mais qui, au fond, relève de la pathologie.

En effet, selon une étude de chercheurs de l’Université de Gand, en Belgique, les cadres interrogés, et qui semblaient atteints du syndrome de l’imposteur, faisaient preuve d’une grande névrose et d’une faible conscience professionnelle. Tout ceci n’est bien sûr que subjectif, puisque ce sont les cadres eux-mêmes qui ont noté leur niveau de nervosité et de conscience professionnelle. De même, les cadres interrogés s’attribuaient une note de « civisme dans l’entreprise » très basse. Ils estimaient, généralement, qu’ils ne s’investissaient pas plus dans la vie en entreprise et qu’ils n’aidaient pas assez leurs collègues.

Comment agissent les gens atteints de ce syndrome ?

La conclusion de cette étude est on ne peut plus simple. Les gens atteints du syndrome de l’imposteur manquent à la fois cruellement de confiance en eux, tout en restant ambitieux. Ils ont, tout simplement, peur de réussir. Ce faisant, ils pensent qu’ils ne méritent pas la réussite, qu’ils profitent des autres et – encore pire – font tout pour ne pas être « démasqué » en développant des stratégies.

On distingue la stratégie de l’overdoing, qui consiste à la personne atteinte du syndrome de se tuer à la tâche et de consacrer un temps inouï pour l’effectuer. Ce qui permettra à cette personne de dire : « Mais non, voyez plutôt, j’ai réussi non pas grâce à mes talents mais parce que j’y ai consacré beaucoup de temps ! ».

De même, on distingue la stratégie de l’undergoing qui, elle, consiste à donner une explication « logique » à la réussite. « Je n’ai pas réussi à obtenir une promotion grâce à mes compétences, mais étant donné que les autres candidats étaient tous malades ce jour-là, c’est comme ça que j’ai eu ma promotion ».

Quels conseils peut-on donner aux gens atteints du syndrome de l’imposteur ?

Le psychologue Bruno Lefebvre conseille d’arrêter de courir après la perfection. Il ajoute que celle-ci est « une illusion à laquelle il faut renoncer pour guérir. Renoncer aux signes de reconnaissance externes pour se construire sa propre opinion sur soi. Ce n’est pas la réussite qui soigne, mais bien le changement de regard que l’on apprend à porter sur soi. » Pas besoin d’un doctorat en psychologie pour comprendre qu’il faut faire un travail sur soi-même : accepter les compliments, parler fièrement de votre parcours et surtout, se contenter de ses propres réussites. L’échec est suffisamment douloureux, ne soyons pas malades de réussir !

Cyril Garrech
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Cyril Garrech

Fondateur et rédacteur en chef d'E&Co!
Étudiant au CELSA-Sorbonne.
Diplômé de l'École de Management de l'Institut Mines-Télécom.
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