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Le marché du cannabis : quand marijuana rime avec célébrités

Alors que le marché de la marijuana se développe de façon exponentielle aux Etats-Unis et que la France attend – naïvement – la dépénalisation de sa consommation, des stars de cinéma et de la chanson s’enorgueillissent de devenir les prochains magnats du commerce de cannabis. Whoopi Goldberg est l’une des récentes actrices à rejoindre ce club extravagant.

« Whoopy & Maya » : du cannabis pour les femmes

Aux Etats-Unis, vingt-quatre Etats ont déjà dépénalisé la consommation de cannabis : quatre à des fins purement créatives (Alaska, Colorado, Oregon et Washington) ainsi que la capitale Washington DC, et dix-neuf autres à des fins thérapeutiques. Bien plus qu’un marché marginal, le cannabis représente un chiffre d’affaire en perpétuelle croissance : 5,4 milliards de dollars en 2015, on l’estime à 6,7 milliards cette année. Bref, un marché qui a tout de suite attiré nombre d’investisseurs, dont certaines célébrités !

« Whoopi and Maya » / source : cdn.thedailybeast.com

Whoopy Goldberg s’est en effet improvisée entrepreneuse et a fondé, avec son amie Maya Elisabeth, la première marque de produits dérivés de cannabis destinés aux femmes : Whoopi and Maya. Produits dérivés, car l’actrice ne souhaite pas « dealer » quelques joints, mais proposer une palette de crèmes et de lotions quotidiennes purement thérapeutiques. Elle déclare : « Fumer un joint, c’est très bien, mais la plupart des gens ne peuvent pas fumer avant d’aller au travail. En revanche, se passer de la crème à base de cannabis sur le bas du ventre et du dos, pas de problème. Chez vous, vous pouvez également en mettre dans votre thé ou votre bain et continuer votre journée. »

Ayant elle-même eu recours au cannabis pour soulager ses maux de ventre lors de ses règles, Whoopi Goldberg a donc voulu répandre son remède miracle auprès de ses paires, les femmes. Ce qui explique pourquoi et – logiquement – ces produits sont avant tout réservés à la gente féminine.

Un commerce florissant aux Etats-Unis et impensable en France

Mais Whoopi Goldberg ne fait pas cavalier seul sur le marché. Beaucoup de célébrités se sont déjà lancées dans ce commerce florissant : Snoop Dogg (ce qui ne surprend à vrai dire personne) avec sa marque de cannabis « Merry Jane », la famille Marley (aucune surprise non plus) qui a lancé, fin 2015, l’herbe « Marley Natural ». On compte aussi la marque « premium » de Willy Nelson.

 Le marché de produits dérivés est lui aussi très apprécié, puisqu’il permet notamment de passer davantage pour un commerçant que pour un dealer.

On compte ainsi le vin à base de cannabis de Melissa Etheridge, rock star américaine, et les crèmes de Whoopi Goldberg, bien sûr.

En France, alors que le débat sur la dépénalisation du cannabis fait rage, celle-ci reste un sujet sur lequel les autorités ne veulent pas plier. Qu’il s’agisse aussi bien du cannabis en lui-même que des produits dérivés. Les médicaments à base de cannabis, quant à eux, sont sujets à un contrôle extrêmement strict et réglementé.

En effet et depuis 2001, le Dronabinol, seul médicament à base de cannabis disponible sur le territoire, n’est consommable qu’à la condition qu’une Autorisation Temporaire d’Utilisation (ATU) soit délivrée pour un impatient. Cette ATU est acceptée lorsque le patient souffre d’une pathologie pour laquelle aucun traitement approprié existe. Les patients ne se comptent que par centaine.

Reste enfin le Sativex, seul médicament à avoir fait l’objet d’une mise sur le marché en 2014. Ce médicament servirait en effet à « soulager les douleurs liées à des maladies telles que la scléroses en plaque et se présente sous forme d’un spray à base de cannabis. » Mais la mise sur le marché de ce médicament pourrait rester lettre morte, son prix n’ayant toujours pas été fixé.

Cyril Garrech
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Cyril Garrech

Fondateur et rédacteur en chef d'E&Co!
Étudiant au CELSA-Sorbonne.
Diplômé de l'École de Management de l'Institut Mines-Télécom.
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