Drôle d'histoire !

Le CV des échecs, un pas vers la réussite ?

source : http://i.huffpost.com/gen/1273062/images/o-WOMAN-SUCCESS-facebook.jpg

Les citations sur le salut de l’échec sont nombreux, banales pour certains, très inspirants pour d’autres. Et, en passant par les citations classiques de grands présidents comme Winston Churchill, Kennedy ou même Lincoln, ce sont aujourd’hui les mots de l’actrice Hildegard Knef qui vont tout particulièrement nous intéresser : « La réussite et l’échec sont grandement surestimés. Cependant l’échec donne bien plus matière à discuter. » Alors que se vanter de ses succès est la chose la plus naturelle à faire pour candidater à n’importe quel poste, certains professionnels et universitaires, tels que le Jeff Scardino et le professeur Johannes Hausofer, ont préféré, comme Hildegard Knef, discuter de leurs échecs en envoyant aux recruteurs un CV des échecs. Une initiative inspirante, courageuse et amusante !

Jeff Scardino, un chercheur d’emploi à contre-courant

« Les CV sont tous les mêmes, bourrés de compétences gonflées et enjolivés», explique Jeff Scardino sur son site, à l’époque chercheur d’emploi new-yorkais. « Parce que vos échecs en disent plus sur vous, écrit-il. Le CV comprend vos ratés à chaque poste, vos mauvaises références, les erreurs faites à l’école, les compétences que vous n’avez pas ou besoin de travailler. » Jeff Scardino, alors à la recherche d’un poste de directeur artistique en 2015, publie donc son CV des échecs édifiant, empreint d’une transparence et d’une honnêteté telle que celui-ci lui a valu beaucoup d’attention, surtout de la part des employeurs !

Le CV des échecs de Jeff Scardino | source : www.cadremploi.fr

Jeff écrit ainsi dans la case des « Non-compétences » qu’il pourrait être plus ponctuel, qu’en réunion il ne prend pas de notes mais dessine ou même qu’il a toujours du mal à se souvenir des noms de ses collègues. Dans la case « Expérience », Jeff Scardino admet carrément ne pas avoir réussi à produire quoique ce soit de correct lors de son poste chez Ogilvy & Mather. Bref, on ne peut pas faire plus transparent. Jeff Scardino envoya donc son CV à dix agences de publicités américaines et reçut huit réponses et cinq entretiens, alors qu’avec un CV classique, Jeff en reçut… zéro. Inspirant non ?

Johannes Haushofer, un professeur encourageant

Dans la même veine, Johannes Hausfoer, professeur à la prestigieuse Université de Princeton, a publié en avril 2016 un CV de ses échecs non pas pour candidater à un quelconque poste mais dans le but d’encourager son entourage, ses élèves et toute autre personne démoralisée par la tyrannie du succès. Consultable en cliquant ici, ce CV d’universitaire présente par exemple les formations dans lequel le Professeur Hausofer n’a pas été sélectionné, les prix qu’il n’a pas gagné et les postes qu’il n’a pas réussi à avoir.

Malgré son poste prestigieux aujourd’hui, Johannes Haushofer montre que son parcours n’a pas été assuré et veut « encourager les autres à affronter leurs déceptions », comme le souligne The Guardian. L’échec, aussi surprenant que cela soit, intéresse davantage que la réussite. Comme l’explique le professeur : « Mon CV des échecs a attiré beaucoup plus d’attention que l’intégralité de mon travail académique ! »

Même si la culture d’entreprise diffère aux États-Unis et en France, nul doute que de tels CV réussissent toujours à se différencier des autres parmi les piles de mails et de papiers engorgeant le bureau des recruteurs. La morale de l’histoire ? Si votre situation est désespérante, la créativité ne coûte rien mais peut vous rapporter gros.

Suivez-moi !

Cyril Garrech

Fondateur et rédacteur en chef d'E&Co!
Étudiant à l'École de Management de l'Institut Mines-Télécom.
Suivez-moi !