La Petite Interview

La Petite Interview | Jean Louis Roux-Fouillet, Directeur commercial chez Where Paris Editions

Avec la gratuité des médias qu’internet a apportée, commercialiser et rentabiliser un magazine peut relever du parcours du combattant. Economy & Co accueille donc aujourd’hui Jean Louis Roux-Fouillet, Directeur commercial des magazines Where Paris Editions, qui nous présente son métier, son parcours et son expertise ! 

 

Where Paris est la filiale française du groupe américain Morris Visitor Publications leader mondial de l’information touristique, éditeur de magazines, de plans, de sites web responsives destinés aux visiteurs internationaux et voyageurs d’affaires.

 

  • Quel a été votre parcours jusqu’ici ?

Je suis un autodidacte. J’ai gravi les différents échelons de la fonction commerciale pas à pas, en commençant dans la radio (Fun Radio, RFM, Autoroute FM), puis l’édition pour jeunes en particulier chez Panini (vignettes autocollantes), avant de prendre la direction commerciale du magazine Têtu pendant quatre ans et je suis arrivé chez Where Paris en 2014.

Presque 30 ans d’expertise dans ce domaine, cela ne me rajeunit pas, mais j’ai commencé tôt… (rires)

 

  • En quoi consiste concrètement le métier de Directeur commercial ?

Mon rôle est de définir avec le directeur général la stratégie commerciale de l’entreprise et de faire en sorte que le chiffre d’affaires s’accroisse d’année en année ce qui est vital pour une entreprise comme la nôtre où l’ensemble des produits est gratuit pour l’utilisateur. Nous ne vivons donc que de la publicité et des événements ou opérations spéciales que nous créons.

D’autre part je manage, j’anime et j’accompagne la réussite de mes équipes,  j’identifie et j’analyse les évolutions et attentes du marché.

 

  • Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ? Le moins ?

Ce qui me plait le plus c’est indéniablement de mener un projet réussi de bout en bout, en particulier lorsque le client ne voulait pas le faire au départ. Nous sommes sur des métiers où la pugnacité et l’audace payent souvent.

Ce qui me plait le moins c’est de ne pas pouvoir dire dans certains cas et à certains de mes interlocuteurs que leur stratégie commerciale est éculée et qu’elle ne correspond qu’à une forme de mimétisme de ce que tous leurs concurrents font dans leur domaine d’activité. Mais nous sommes dans une société où le mimétisme a souvent pris le pas sur l’originalité et la créativité alors je me soigne et je me calme (rires)…

 

  • Vous cumulez un certain nombre d’années d’expérience en publicité et en communication, quelles sont les choses à faire et ne pas faire lorsque l’on assure la commercialisation d’un magazine ? 

D’une manière générale je pense qu’il faut rester modeste, réaliste et être à l’écoute de ses interlocuteurs. Ne pas avancer avec des idées préconçues et faire preuve de persuasion lorsque l’on croit à son projet. Accompagner son client dans les bons et les moins bons moments, je fais allusion bien sûr à la période post attentats où nous avons soutenu ceux de nos clients qui en avaient besoin.

Si je dois citer deux réussites commerciales, c’est presque toujours un travail d’équipe, je dirais l’opération cross media THALYS avec présence de l’annonceur, cas unique dans l’histoire de Têtu, sur la première de couverture du magazine avec tout un contenu éditorial original (shooting, jeu…), et un prolongement sur le site tetu.com. Une très belle opération financière (la couverture du magazine était présente en affichage kiosque sur plus de 200 villes en France et en Belgique) et un bel exemple de persuasion tant à l’extérieur qu’en interne. Les rédactions aiment rarement que l’on vende cet espace.

Plus récemment, le repositionnement de Where Paris sur le luxe/haut de gamme, but atteint en moins de deux ans, puisque nous avons maintenant Chanel, Rolex ou Chaumet par exemple comme clients.

J’ajouterais que je suis un dangereux récidiviste puisque la couverture du prochain Where Paris a été vendue pour l’anniversaire d’un grand magasin parisien avec une soirée événementielle commune à la clef (rires)…

Ce qu’il ne faut pas faire, c’est promettre des résultats que l’on ne pourra pas tenir, avoir des objectifs irréalistes.

Si je dois citer une déception commerciale, je me souviens d’avoir travaillé pendant trois mois sur un projet qu’une dizaine de marques avaient accepté d’accompagner et qui a dû être annulé en raison de la défaillance d’un partenaire, évidemment je ne vais pas citer de noms.

 

  • Trouvez-vous qu’à l’heure du digital, les versions papiers sont toujours aussi pertinentes? N’est-ce pas un poids financier qui peut être évité ?

Le papier a toute sa place dans certains secteurs et en particulier dans le luxe. Il ne faut pas opposer l’un à l’autre. Le digital et le papier sont complémentaires, chacun doit trouver sa place. Cependant on le voit avec la multiplication des Adblockers, la publicité ne va pas forcément de soi sur la toile, elle est considérée souvent comme trop intrusive, il y a encore du travail à faire dans ce domaine. A ce propos, nous lançons en juin notre site responsive Where Paris en chinois simplifié destiné aux chinois désireux de se rendre à Paris ou ayant déjà leur billet d’avion pour la capitale. Ce site bénéficie du soutien de deux grands partenaires chinois reconnus, mais j’en ai déjà trop dit pour l’heure.

 

  • N’avez-vous jamais eu envie de lancer votre propre magazine ?

J’ai participé à plusieurs lancements et projets de lancements, cela m’a convenu parfaitement sans avoir le besoin d’avoir mon propre support.

 

  • Enfin, si vous deviez exercer un métier totalement différent, que feriez-vous ? Pourquoi ?

Architecte ou urbaniste en fait c’est une passion de longue date, avec comme ambition de tenter de faire mieux que la production actuelle. Cela ne me semble pas si difficile (rires).

 

Merci infiniment à Jean Louis Roux-Fouillet de s’être prêté au jeu pour Economy & Co ! 

Cyril Garrech
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Cyril Garrech

Fondateur et rédacteur en chef d'E&Co!
Étudiant au CELSA-Sorbonne.
Diplômé de l'École de Management de l'Institut Mines-Télécom.
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