La Petite Interview

La Petite Interview | Farah Achab, Responsable des relations médias africains de la COP22

Petite Interview de Farah Achab | Economyandco

Il existe un monde à la croisée des médias et du marketing : celui des relations presse (RP). Médiatiser un événement demande d’une part qu’il y ait des journalistes mais aussi et surtout que les responsables des relations presse orchestrent cette médiatisation. Farah Achab, qui capitalise aujourd’hui une dizaine d’années d’expériences dans le domaine et qui fut en charge des relations médias africains de la COP22, a accepté de répondre à nos questions.

 

  •  Vous cumulez plus de 10 ans d’expériences en relation presse, qu’est-ce qui vous a poussé à vous diriger vers ce domaine ?


Je pense que comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai été naturellement attirée par la communication en générale du fait que nous sommes nés dans un univers où les médias occupent une grande place. Nous en consommons beaucoup, et nous avons même été témoin de l’avènement d’internet ! J’ai fait mes études chez EFFICOM à Paris puis j’ai intégré Hopscotch pour une première expérience, qui reste à ce jour ma plus belle aventure tant humaine que professionnelle (pensées à Eric et Olivia en particulier).

Le métier m’a accroché. Il y a une dimension qualitative et subjective qui prime et qui rend la plupart du temps les missions intéressantes. Le contact avec le corps journalistique m’a plu dès le départ, et aujourd’hui encore c’est ce qui fait mon attachement pour ce métier. Il y a une dimension profonde lorsque l’on évolue dans l’envers du décor des médias, c’est un monde à découvrir. Discutez avec des personnes loin de ce monde et vous vous rendrez compte qu’on ne s’imagine pas tous ces métiers qui font l’industrie médiatique aujourd’hui. C’est un peu comme appartenir à un monde parallèle et se sentir privilégiée.

 

  • Faut-il nécessairement avoir un carnet d’adresse pour réussir dans ce métier ?

Et pas qu’un ! Oui, c’est un métier de contacts, de réseaux, d’influence…alors le fameux carnet d’adresse est indispensable. Mais je n’ai pas l’impression que ce soit inhérent aux seuls métiers des RP. Par contre pour nous, un carnet d’adresse ne suffit pas. Selon que vous soyez dans tel ou tel corps de presse, dans telle ou telle type de prestation, le carnet d’adresse dont vous aurez besoin peut changer du tout au tout.

De plus, nous avons besoin de deux carnets d’adresse : un carnet d’annonceurs, institutions, associations, personnalités….pour qui nous travaillons, et un carnet de professionnels des médias avec qui mais aussi pour qui nous travaillons. Sur le long terme, on se rend compte que le « client » n’est pas celui qui nous paie. De la même manière que le client d’une école de commerce privée est l’entreprise qui embauche et non pas l’étudiant qui paie sa scolarité. Et puis n’oubliez pas les RP « people » qui doivent développer un carnet d’adresse bien spécifique basé sur des influenceurs… A chaque mission, vous devez réfléchir à mettre en adéquation un de vos carnets d’adresse avec les objectifs que l’on vous a fixé. Et n’oublions pas qu’avoir un carnet d’adresse n’est pas une fin en soi s’il n’est pas bien entretenu, travaillé et mis à jour. C’est un travail de veille permanente.

 

  • Vous avez travaillé (et continuez toujours à travailler) pour de grands comptes et vous avez dernièrement été responsable des relations médias africains de la COP22, quelle a été jusqu’ici votre meilleure et pire expérience ?

C’est assez rare qu’une mission…qu’un « plan se déroule sans accro ». Il y a continuellement un challenge et des enjeux qui font que dans une mission, vous pouvez vivre le pire et le meilleur. Le volet événementiel de ce métier apporte son lot de surprise, ainsi que le côté live des médias. Après il y a les gens, les donneurs d’ordre. C’est souvent d’eux qu’émane le pire. Je me souviens d’un rendez-vous dans le bureau d’un patron de boîte de nuit qui avait tourné à l’interrogatoire sur mes capacités, sur la base de référence qui n’existait même pas….c’était ridicule et assez méprisant comme situation. Et ce n’est pas arrivé qu’une fois. Dans le milieu de la nuit, on voit des choses gravissimes dans notre métier. Je vous passe les problèmes de recouvrement, les journalistes laxistes ou le flop d’une conférence de presse. On est à l’abri de rien.

Par contre, cela s’équilibre naturellement avec des vrais moments de satisfaction, je suis fière d’avoir œuvré sur des événements comme la COP22, à l’époque pour l’Association pour un Maroc Vert et aujourd’hui d’être coordinatrice du RAJCA. C’est ça le meilleur : la satisfaction. Le meilleur c’est finalement d’avoir la reconnaissance des personnes avec qui l’on a travaillé, les remerciements des journalistes et des autres acteurs du milieu. On est souvent au cœur de grande chose, et après plus de 10 années dans les RP, ce n’est pas la lumière qui est la plus réconfortante, au contraire c’est là où les accidents peuvent arriver. Le meilleur, c’est le debriefing avec son équipe autour d’un verre après 5 mois de boulot sur la COP22 par exemple, des vrais moments de bonheur, dans l’ombre.

 

  • Quels précieux conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut réussir en RP ?

Soyez vous-même.

#stopauxRPquiveulentdevenirplusconnuquelesgenspourquiilstravaillent #allezsalut  

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Cyril Garrech

Fondateur et rédacteur en chef d'E&Co!
Étudiant à l'École de Management de l'Institut Mines-Télécom.
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