Economie

En économie, la jalousie est-elle créatrice de richesse ?

Comme l’écrit si bien Daniel Cohen dans son livre « Homo Economicus, Prophète (égaré) des temps nouveaux » : « L’homme peut pleurer avec sincérité devant le malheur d’autrui et jalouser celui qui réussit le mieux. » Selon certains psychiatres, tel que le docteur Draghi-Lorenz, la jalousie est observable chez les enfants dès l’âge de 5 mois ! Mais entre haine, matérialisme et rivalité, qu’est-ce que la jalousie ? Et qu’a-t-elle à voir avec l’économie ? Petite explication philosophique économique.

La jalousie, un pas vers la rivalité

Qu’elle soit amoureuse ou économique, la jalousie trouve son origine dans le « zèle ». En effet, la jalousie, qui vient du mot grec « zélos », « est une modalité particulière de lien à un objet », en ce sens qu’elle est une ardeur, un empressement inconditionnel vers telle personne ou tel objet. L’amour jaloux est un exemple on ne peut plus clair. Lorsque l’on pense jalousie, on pense obligatoirement à l’amour : j’aime cette personne et je suis jaloux qu’elle voie quelqu’un d’autre, je ne la veux que pour moi. La jalousie amoureuse se résume en fait à « objectifier » une personne, et c’est en ce sens que la jalousie rejoint très vite le matérialisme et l’inatteignable.

En effet, comme l’explique Claudia Senik, spécialiste de l’économie du bonheur, les Français soufreraient de « comparaisons sans espoir ». A travers la télévision, la beauté parfaite mais aussi la richesse de ses proches, nous serions malheureusement tous tentés de nous comparer vainement aux autres et de finalement tomber dans la jalousie. Un sentiment qui, en plus de dégrader notre bonheur, influerait sur celui des autres à travers le besoin de rivalité que la jalousie fait naître.

La jalousie est-elle économiquement mauvaise ?

Qui dit jalousie, dit rivalité. Mais  la rivalité est-elle synonyme de concurrence ? Si oui, c’est qu’économiquement la jalousie est créatrice de richesse, en ce sens qu’elle motive les individus à mieux faire que les autres. Pourtant, et c’est là que ça coince, la jalousie est un sentiment contraire à l’ambition. Je peux être tellement jaloux que je souhaiterais que les autres aient moins que moi ! Dans une expérience décrite par Daniel Cohen, des étudiants répondent à la question suivante : « Préférez-vous gagner 50 000$ et que vos camarades n’en gagnent que 25 000 ou gagner 100 000$ et que les autres en gagnent 200 000 ? » La majorité des élèves ont déclaré préférer gagner 50 000$, en sachant que les autres auraient moins alors que la seconde alternative est rationnellement plus intéressante ! La jalousie, ici, est clairement réductrice de richesses et d’opportunités.

Pourtant, la jalousie et la rivalité sont des sentiment malheureusement naturels quand on parle d’argent, quand ceux-ci portent sur les signes de richesses, les « biens extrinsèques » dans le jargon économique. Patrimoine, statut social, revenus, autant de biens jalousés et superficiels. A contrario, les « biens intrinsèques », qui sont l’inverse du matérialisme – amitié, amour, sens de la vie – seraient ceux qui nous procureraient le vrai bonheur, bien que jalousés certaines fois.

Morale de l’histoire ? Dépensez tout votre argent pour vivre dans l’amour et le bonheur sur une île déserte… 

Cyril Garrech
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Cyril Garrech

Fondateur et rédacteur en chef d'E&Co!
Étudiant au CELSA-Sorbonne.
Diplômé de l'École de Management de l'Institut Mines-Télécom.
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