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De Christine and the Queens aux start-up françaises : l’art de s’internationaliser en anglais

Quel point commun y a-t-il entre Christine and the Queens, Cocoon, Daft Punk ou encore Pony Pony Run Run ? Chacun de ces groupes est français mais chante en anglais !

En effet, qu’il s’agisse de Cocoon, originaire de Grenoble, ou de Pony Pony Run Run, formé à Nantes et Angers, les groupes de musique français ayant le mieux percé à l’international chantent finalement en anglais. Et ça n’est sûrement pas un hasard.

Alors que Christine and the Queens s’exporte avec succès aux États-Unis, Peter Smidt, le directeur de la remise des European Border Breakers Awards (EBBA), rappelle que l’anglais représente un outil marketing précieux et quasi nécessaire pour les artistes français qui souhaitent réussir à l’étranger. Particulièrement lorsque les artistes concernés sont classés comme atypiques. Sinon quoi, il faudra compter sur une campagne publicitaire très développée et donc onéreuse pour se faire au moins connaître d’un public étranger.

Mais cela va de soi, l’anglais n’est pas la seule clé du succès et ne représente pas, à lui seul, une stratégie de communication flamboyante. Comme le rappelle encore Peter Smidt pour expliquer le succès de Christine and the Queens, le groupe a su mêler sa culture avec celle des États-Unis, musicalement parlant. Le cas le plus flagrant est celui de Daft Punk, dont la musique électro a su dépasser les frontières américaines en devenant une référence mondiale !

Bertrand Dicale, journaliste musical, nous met en garde : « Quelque 90% des artistes français qui chantent en anglais ne passent pas les frontières». Chanter en anglais n’est pas une recette miracle – il existe bon nombre de chanteurs français ayant réussi à imposer leur langue à l’international – mais pour élargir le débat, l’anglais reste une langue « sûre » si l’on veut assurer au minimum une internationalisation passable.

C’est cette stratégie qu’a notamment choisie Romain Basset avant de réaliser le film « Horsehead » en 2014. En effet ce film mêlant fantastique et épouvante est tourné en anglais avec des acteurs français ! Le but étant, et le réalisateur ne s’en est pas caché, d’assurer une meilleure distribution aux États-Unis.

Ce principe d’internationalisation s’applique aujourd’hui surtout aux start-up qui, avant même leur lancement, misent sur un nom anglais pour pénétrer les marchés étrangers. Pour vous donner un exemple, je suis allé sur la première page de l’annuaire des start-up, disponible sur le site de la FrenchTech et 6 start-up françaises sur 10 avaient un nom anglophone : Moneytis, Whisperies, 404Works, Aircall, Tricy ou encore Cashway.

Mais qu’il s’agisse d’une start-up, d’un artiste ou d’un film : l’anglais ne fait vraiment pas tout, mais il permet de s’internationaliser de manière sûre.

Cyril Garrech
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Cyril Garrech

Fondateur et rédacteur en chef d'E&Co!
Étudiant à l'École de Management de l'Institut Mines-Télécom.
Consultant en communication freelance.
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